La
première séance relatant la naissance du Comité du Souvenir Français de
Dijon est retranscrite dans son intégralité pour les besoins de
l'Histoire, à partir du Livre d'Or, conservé pieusement par notre
Association.
Des assemblées suivantes, ne figureront que des extraits marquants.
1898 - NAISSANCE DU COMITE DE DIJON
Assemblée générale du 28 octobre 1898
**********
Les membres
présents réunis dans le local du comité des fêtes, rue des Godrans,
décident de former un comité à Dijon, de la société nationale du
Souvenir Français.
On commence d'abord à former un Bureau provisoire : Messieurs Belin, Charcousset et Simonel sont désignés pour le dit Bureau.
Monsieur
Charcousset lit les lettres d'adhésion des membres ayant accepté de
faire partie du Souvenir Français, comme membres d'honneur.
On procède, ensuite, à la formation du bureau définitif. Les résultats en sont les suivants :
Sur
23 votants, pour la présidence, ont obtenu :
Monsieur Belin
22 voix
Monsieur le Colonel Hans
1 voix
En conséquence, Monsieur Belin, Conseiller à la Cour d'Appel, est élu Président, par acclamation et à l'unanimité
| Sont élus : Vice-Présidents : |
Monsieur le Colonel Hans |
Officier de la Légion d'Honneur |
|
Monsieur Georges Richard- |
Industriel - Officier d'Académie |
|
Monsieur Saint-Père |
Capitaine au 58ème Régiment territorial |
|
Monsieur Simonel |
Capitaine au 64ème Régiment territorial
|
| Secrétaire général |
Monsieur Billerey |
|
| Secrétaire |
Monsieur Nodot |
|
| Secrétaire adjoint |
Monsieur Bligny |
Représentant de l'usine électrique |
| Trésorier |
Monsieur Sirodot |
Imprimeur |
|
Monsieur Charcousset est désigné, et maintenu, à l'unanimité Délégué Général
Monsieur Lauçon - Délégué auxiliaire |
Sont désignés membres du Comité :
Messieurs
|
|
| Servin |
Président des Prévoyants de l'Avenir |
| Collard |
Président des Anciens Sous-Officiers de l'Infanterie |
| Rousseau |
Président des Combattants 1870/1871 |
| Aubrun |
Président des Anciens Membres de la Marine |
| Churiet |
Président de la société de gymnastique l'Indépendante |
| Simonot |
Vice-Président de la société de gymnastique l'Indépendante |
| Carion |
Président des Anciens Militaires du Génie à Dijon |
| Carrely |
Président des Survivants de la 4ème Brigade des Vosges |
| Pillon |
Négociant |
| Zimmermann |
Représentant |
| Guiller |
Négociant |
| Cotterau Louis |
Industriel |
| Perssonnier |
Rentier |
| Berger |
Architecte |
| Paget |
Secrétaire de la 4ème Brigade des Vosges |
| Simonel, fils |
Employé de commerce |
| Allouis, fils |
Quincailler |
| Charrin, fils |
Représentant |
| Blandin |
Inspecteur d'assurance |
| Guillot |
Employé de commerce |
Le
Bureau et le Comité étant constitués, Monsieur Belin remercie le Comité
de l'avoir choisi comme Président. Il assure que tous ses efforts
tendront à la prospérité du Souvenir Français. Il invite en même temps les
membres du Comité à se rendre, le plus grand nombre possible, à la
manifestation patriotique du 30 octobre. (Historique ci-dessous)
On décide de
se réunir tous les premiers lundi de chaque mois. Personne ne demandant
la parole, Monsieur le Président déclare que la séance est levée.
------------------------------------------------------------------------------------ Le 30 octobre 1870
Quatre jours après la reddition de la ville, le 5 novembre 1870, le Conseil Municipal décidait : Qu'un
monument serait élevé en l'honneur des braves défenseurs qui onté été
tués ou blessés, le dimanche 30 octobre 1870, dernière attaque dirigée
contre la ville de Dijon par l'armée allemande. L'inauguration
officielle eut lieue le 30 octobre 1880, toute la population valide de
Dijon et des environs assistait à la cérémonie, voulant ainsi donner
par sa présence le témoignage de sa pieuse reconnaissance.
A chaque anniversaire, un pélerinage patriotique est organisé : On se rend, en foule, place du 30 octobre : des
corporations, des familles, des amis discrets, ceux-ci qui savent se
souvenir, vont religieusement couvrir le monument de couronnes. C'est,
chaque année, une manifestation digne, réfléchie; un spectacle qui
console que de voir cette foule recueillie, silencieuse, honorer et
glorifier, des combattants morts bravement, en défendant leur foyer et
en sauvant l'honneur du pays.
Au cimetière de Dijon, l'Etat a
acheté une concession et a fait construire un caveau, surmonté d'un
monument, dans lequel on a réuni les restes d'environ 2.000 militaires
français, garibaldiens, et allemands.
La façade porte le millésime 1870-1871 et la dédicace " Aux victimes de la guerre"
Dijon et ses héros
Le Colonel de gendarmerie, Monsieur le Baron Colonel Fauconnet,
nommé Commandant de la subdivision de la Côte d'Or, en présence des
forces ennemis considérables, pourvues d'une formidable artillerie,
envoya le 28 octobre, le message suivant, au Général Cambriels
" Je n'ai ni canons, ni chevaux, beaucoup d'armes en mauvais état; un bataillon sans chaussures; tous sans tente-abris, etc...."
Ce fut lui qui dirigea les opérations de cette glorieuse journée. Frappé
mortellement à la barrière de Langres, le Colonel Fauconnet su montrer
dans les douloureuses circonstances où il était placé, les qualités les
plus essentielles du militaire, en accomplissant son devoir de soldat,
et, en déployant dans la lutte, l'habileté et l'énergie d'un
homme supérieur.
Un télégramme arrivé de Tours, lui apportait sur son lit de douleurs, sa promotion au grade de Général de Division. Quelques instants après, le Baron Colonel Fauconnet était mort. Il venait de dicter pour sa famille : "Ma chère femme, mes chers enfants, je vous embrasse de tout coeur; je vais bientôt mourir; j'ai fait mon devoir"
Deux femmes méritent une mention spéciale dans cette journée du 30 octobre
A la barricade de Porte-Neuve, sous le feu de l'ennemi, une jeune fille Mademoiselle Marie Bertaux
(future Madame Bistch) encourage les travailleurs. Elle distribue
ensuite des fusils et des cartouches; puis, reprenant son rôle de
femme, elle relève les morts, les blessés, et ne quitte la barricade
que lorsque la bataille est finie.
Une soeur de Saint-Michel, soeur Saint-Vincent,
avec les autres religieuses de la Maison, les dirigeant, les
encourageant, les bras rougis jusqu'aux coudes du sang de ceux qui sont
tombés autour d'elle, prodigue ses soins avec un dévouement
admirable. Parmi les défenseurs de la cité, que de noms à enregistrer, que de morts héroïques. - Monsieur Dudrumel
un vieux professeur du Lycée,
qui, accompagné de son fils, fait le coup de fusil sur la route de Gray - le Capitaine Guichard tombant à la tête de ses Gardes N ationaux -
Monsieur Gentil
qui reçoit 3 blessures mortelles -
Monsieur Siméon
qui tombe foudroyé de 8 balles à La Boudronnée -
Monsieur Naigeon
qui s'échappe, ses habits criblés, et une balle au poignet -
Monsieur Paillet
architecte et professeur au Lycée, tué par un obus, rue Jeannin Et, ce courageux instituteur de Varois, Hubert Praîcheux,
qui, sous la mitraille, les bombardements, alors que les maisons
étaient ébranlées par les projectiles, que les habitants allaient être
ensevelis, conservant son sang-froid sans s'inquieter de la canonnade,
et des obus qui pleuvaient autour, parlementa avec l'Officier Badois,
et fit interrompre le feu. C'est à lui, que Varois doit la conservation
de son église et de ses édifices communaux. On n'en finirait pas si
l'on voulait relever les noms de tous les hommes de coeur qui se sont
fait tuer bravement, pour sauver l'honneur de la cité. L'honneur de
notre chère France. Que de pères de famille, que de jeunes gens couchés sur ce champ de bataille. - 160 tués - 341 blessés - 101 prisonniers
Tel fut le bilan de cette sombre journée du 30 octobre 1870. "Gloire à vous, cher morts, qui dans une cause désespérée, plutôt que de fuir, avez mieux aimé mourir"
______________________
Séance du 08 décembre 1898 2ème séance
IL
est décidé, que les réunions du Comité ne pouvant se continuer à la
Salle des Fêtes, rue des Godrans, se feront, à l'avenir, au "Café Simonel" salle du 1er. Signé: le Président - le Secrétaire Pour l'histoire : 1898, fut l'année des affaires : - Dreyfus - Fachoda : Capitaine Marchand - Lord Kitchener - Cuba : Guerre Hispano-Américaine - Port Arthur : cédé à la Russie, pour 99 ans ___________________________
Séance du 09 janvier 1899
3ème séance
_______________________________
Séance du 06 février 1899
4ème séance
En intégralité La réunion a lieu sous la présidence de Monsieur Belin, Président. A
l'ouverture de la séance, Monsieur le Commissaire, aux inhumations de
la ville, entre et demande à Monsieur le Président d'assister à la
réunion pour une communication, Monsieur le Président, déféra aussitôt
à cette demande. Monsieur le Commissaire aux inhumations dit que le transfert des restes de Monsieur le Général Bony et de Madame Bony, de l'ancien au nouveau cimetière, doit se faire d'ici quelques jours. Etant
l'interprète de la famille, il vient demander au Comité du Souvenir
Français, si les restes du Général étaient enterrés dans les places
réservées aux Militaires, et si le Comité voudrait s'occuper de
l'entretien de son tombeau. Monsieur le Président, après avoir fait la biographie du Général, met la proposition aux voix, qui est acceptée à l'unanimité. Le
Souvenir Français décide, en outre, que des invitations, pour assister
aux obsèques, seront faites par le Secrétaire, par une circulaire
personnelle indiquant l'heure et la date. Monsieur le Président invite les membres présents à assister en plus grand nombre possible à ces obsèques. Sur
la demande du Président, le Souvenir Français décide ensuite à
l'unanimité, de donner la présidence d'honneur à Monsieur le Commandant
Judet. Monsieur Belin fait remarquer au Comité que le Commandant
Judet a rendu de nombreux services au Souvenir Français auquel il n'a
jamais ménagé son temps et a toujours apporté son plus grand dévouement
à la cause. Il charge Monsieur le Secrétaire Général du Comité de faire part de cette décision au Commandant Judet. Signé : le Président - le Secrétaire Pour information : Situation du tombeau de François BONY - Chevalier de l'Empire - Général de Brigade - Polygone 6' face au Monument du Souvenir Français Pour l'histoire : FRANCOIS BONY 1772 - 1848 Volontaire de 1793
CHEVALIER DE L'EMPIRE GENERAL DE BRIGADE COMMANDeur DE LA LEGION D'HONNEUR
Né et baptisé le 20 décembre 1772, à Crécey-sur-Tille, Côte d'Or Fils légitime d'Antoine Bony - Meunier et Foulonnier (fouleur de cuir) à Crécey-sur-Tille, et de Anne Fordoilliet Marié le 2 janvier 1818 à Jeanne-Cécile, Jeanne-Justine, Anne Vaudrey Mis en demi-solde et retraité en résidence à Selongey Inhumé
dans le cimetière des Péjoces à Dijon - Polygone 6'
- face au Monument du Souvenir Français -
cocarde S.F. Fonctions
Entre au service, en qualité de volontaire dans le 10ème bataillon de la Côte d'Or, le 12 septembre 1793 Incorporé par réorganisation dans la 51ème brigade de ligne Lieutenant, élu par sa compagnie, le 15 septembre 1793 Nommé Capitaine après s'être distingué à Arcole en 1796 Capitaine
au 51ème régiment d'infanterie de ligne, à la date de sa nomination de
Chevalier de la Légion d'Honneur le 26 prairial de l'An XII (14 juin
1804) Chef de bataillon dans le 51ème régiment d'infanterie de
ligne, à la date de sa nomination d'Officier de la Légion d'Honneur, le
16 novembre 1808. Major titulaire du 4ème de ligne Revenu en France, nommé Colonel en second le 21 février 1813, prend le commandement des dépôts de l'armée. Affecté à la Grande Armée, nommé Colonel titulaire du 19ème régiment provisoire, le 20 mai 1813 Promu Général de Brigade le 27 septembre 1813 Mis en non activité par la Restauration, à son retour en France, juin 1814 Rappelé sous les drapeaux aux Cent Jours, Général de brigade, affecté à l'Armée du Nord. Mis en disponibilité à la Seconde Restauration Compris dans le cadre de réserve de l'Etat Major de l'armée le 22 mars 1831 Mis à la retraite le 1er janvier 1835. Campagnes
An II (1793) : Aux armées du Rhin et de la Moselle Ans III et IV
:
Armée d'Italie. Prend part aux batailles de Castiglione et
d'Arcole 1799 - 1800
:
Armée du Rhin. Se distingue sous Moreau à Hohenliden, enlève à
l'ennemi une batterie de 2 pièces de canons 1805
:
Prend part à la bataille d'Austerlitz, où le 2 décembre 1805, à la tête
de sa compagnie de grenadiers,
il capture 300
ennemis de la France 1806
: Prusse 1807
:
Pologne 1808
:
Espagne 1813
: Saxe - A
la tête de huit cents hommes, il prend la ville de Buntzlau, défendue
par 3 régiments russes
Participe à la bataille de Leipzig
où il se bat comme un lion. 1815
: Armée du
Nord - Sert à Mont-Saint-Jean (Belgique) 18 juin 1815 Campagne de captivité
Prisonnier de guerre sur le champ de bataille de Leipzig, étant blessé. Libéré à la paix et rentré en France en juin 1814 BlessuresBlessé grièvement d'un coup de feu au corps, à la bataille de Castiglione (Italie), le 5 août 1796 Atteint d'un coup de feu à la jambe droite, à la bataille d'Iéna le 14 juin 1806 Blessé grièvement d'un coup de feu et 3 chevaux tués sous lui, à la bataille de Liepzig, le 18 octobre 1813 Décorations
Membre de la Légion d'Honneur, par décret impérial, du 26 prairial AN XII (14 juin 1804) Officier de la Légion d'Honneur par décret impérial, le 16 novembre 1808 Commandeur de la Légion d'Honneur, pour prendre rang à dater du 20 mars 1820 Chevalier de Saint-Louis en août 1814 Chevalier de l'Ordre de la Réunion 1810 TitresChevalier de l'Empire, par décret impérial et par lettres patentes, du 20 juin 1811 Autres fonctionsColonel de la Garde Nationale de Selongey Elu maire de la commune de Selongey Conseiller général de la Côte d'Or "Vivre libre ou mourir"
__________________________
Les séances se succèdent :
| - 06 février 1899 - |
Sous la présidence de Monsieur Belin |
| - 06 mars 1899 - |
Plusieurs
membres font remarquer que le trésorier n'assiste jamais aux réunions
et que ce cas nous met dans l'impossibité de connaître l'état des fonds
On décide aussi de faire les inscriptions sur le monument du Souvenir
Français de tous les militaires décédés desquels les noms ne figurent
pas encore. |
| - 01 mai 1899 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin Monsieur le Président demande à
l'Assemblée de vouloir bien voter sur la translation du Monument du
Souvenir Français des restes du Sergent-major italien inhumés à
l'ancien cimetière, et ce, à la charge du comité de Dijon. |
| - 15 mai 1899 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin Monsieur Pouget, membre du Bureau,
demande à l'assemblée que le Souvenir Français fasse des démarches
auprès de Monsieur le Maire de Prenois pour faire des recherches dans
son territoire des restes d'un soldat mort en 1871 et enterré près de
ce village. Monsieur Bligny, membre du Bureau, propose de laisser les
archives du Souvenir Français au café Simonel, siège du Comité, accepté
à l'unanimité. |
| - 05 juin 1899 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin Monsieur le Président, avec
l'assentiment du Comité, dit qu'il va écrire lui-même une lettre
recommandée à Monsieur le Maire de Fontaine les Dijon, à propos de
l'entretien du Monument des soldats tués en 1870. |
| - 17 juillet 1899 - |
Sous la présidence de Monsieur Belin l'ordre du jour indiqué est le renouvellement du Bureau du Comité. |
| - 16 octobre 1899 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin, Monsieur Maitrot, membre du Bureau,
fait remarquer au Comité que les tombes et couronnes des militaires
sont en très mauvais état et demande de une corvée de huit hommes à
Monsieur le Major de la garnison pour faire ce travail sous la
surveillance de Monsieur Lançon. |
| - 23 octobre 1899 - |
|
| - 27 octobre 1899 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin Le Comité décide de prévenir Monsieur
le Président de l'Union des Combattants de 1870/1871 que le Souvenir
Français prendra part à la cérémonie du 30 octobre. Il est accepté de
donner 1.30 franc par homme, aux soldats ayant travaillé pour
l'entretien des tombes des militaires décédés, et 2.00 francs au
Caporal chargé de la surveillance de ces hommes. |
| - 05 mars 1900 - |
Monsieur
le Président fait part de la démission de Monsieur Modot, secrétaire.
Monsieur le Président prie Monsieur Sirodot, ex-trésorier, de bien
vouloir s'entendre avec son successeur Monsieur Guillier, pour établir
les comptes de son ancienne gestion. |
| - 22 mars 1900 - |
Sous
la présidence de Monsieur Belin Le Comité décide que le Souvenir
Français sera représenté à l'inauguration du Monument Garibaldien, et
nomme Messieurs Hans, Vice-président, Bligny, secrétaire, Billot et
Zimmermann pour assister et représenter le Souvenir Français le 25 mars |
_____________________
Au Cimetière des Péjoces à DIJON
Le carré militaire, l'un des plus importants de France
Avec
ses 1091 tombes de soldats français tombés pendant la Première guerre
mondiale, et un ossuaire, le carré militaire de Dijon est l'un des huit
plus importants de France.
Comme beaucoup de villes françaises, Dijon possède,
depuis la fin de la Première guerre mondiale, une nécropole située dans
l'enceinte du cimetière communal des Péjoces, en exécution de la loi du
29 décembre 1915 donnant le droit de sépulture perpétuelle, aux frais
de l'Etat, aux militaires "morts pour la France" pendant la guerre.
Ce carré militaire comprend, en plus des 1091 sépultures de soldats
français, 837 de soldats allemands et 46 d'alliés (21 Russes, 14
Italiens, 9 Anglais, 1 Polonais et 1 Belge), soit un total de 1974
tombes dont 1655 sont conventionnées.
Le Comité dijonnais de l'association du Souvenir Français entretient
ces tombes pour lesquelles il perçoit la modique somme de 1.22 euro par
tombe conventionnée et par an.
Le Comité prend également en charge, bien que ne recevant aucune
subvention, 319 tombes de soldats et marins morts pour la Patrie (suite
à leurs blessures).
Plusieurs polygones, principalement regroupés en trois ensembles
importants couvrant une surface de 4500 m2 composent ce cimetière
militaire qui a subi des aménagements successifs (regroupement de
tombes, exhumations et inhumations) après les conflits du XXème siècle.
La plus ancienne trace du carré militaire repose cependant sur la
présence d'un mémorial de la guerre de 1870, élevé en 1893 sur
une crypte au polygone 6, et rénové par le Souvenir Français en 1957.
Les deuxième et troisième éléments regroupent les tombes et monuments des conflits de 1870 et 1939-1945.
Le principal élément de ce carré militaire situé dans la partie sud-est
du cimetière, regroupe la plate-bande alliée 1914-1918 contre le mur
sud (on y voit stèles et monument des soldats anglais (1) - polonais,
belge, italiens et russes), les quatre sections centrales des tombes
des soldats français (1914-1918) (2), le polygone BB des soldats français
restitués aux familles (1914-1918), et les deux plates-bandes des
soldats allemands de 1914-1918.
C'est en 1920, qu'une délibération municipale attribuait des
"concessions à perpétuité" aux enfants de Dijon morts au champ
d'honneur. La ville contribuait ainsi à honorer ses morts de la guerre
de 1914-1918.
A partir de cette date, le carré militaire a commencé à prendre son
importance, physique et morale. La même année, la municipalité
s'engageait, conjointement avec l'Union nationale des combattants et le
Souvenir Français, à entretenir les tombes.
Mais les choses ne semblaient pas alors très claires, puisque le 15
février 1921 (3), le conseil municipal estimait que "c'est à
l'Etat qu'incombent tous les frais occasionnés par la
création de cimetières de guerre"; mais, pour ne pas retarder ces
travaux indispensables à celui de la Ville, un crédit de 2.000 F était
tout de même ouvert.
Le 23 mars suivant, le conseil se penchait sur le problème de
l'inhumation des corps des militaires ramenés de la zone des armées. Il
s'agissait de dégager des crédits pour le transfert entre les gares de
dernière destination et les cimetières communaux effectués par les
soins des administrations municipales pour le compte de l'Etat. Les
élus appliquaient les instructions du Ministre des pensions. Les frais
concernaient la manutention en gare, le transport de la gare au
cimetière, du creusement de la tombe et de l'inhumation.
Le 18 octobre 1921, le conseil municipal constatait que la ville se
"reposait" sur "Le Souvenir Français" qui reçoit l'aide pécuniaire et
matérielle de l'Etat, du soin d'entretenir les tombes de nos morts
comme celle des soldats alliés et ennemis, le cimetière a besoin d'une
mise état complète. On voit que les sommes ne sont pas mirobolantes.
A partir de 1922, le cimetière militaire commence à s'organiser. L'Etat
faisait en effet procéder à 357 inhumations, dans le cadre du
"Regroupement des tombes militaires dans le polygone du Souvenir
Français".
En janvier 1923, le président du comité dijonnais du "Souvenir
Français" présentait à la municipalité un projet (4) établi en vue de
l'organisation définitive du cimetière.
Ce projet comportait plusieurs étapes, et, avait l'avantage de
regrouper d'abord, dans le polygone du cimetière des Péjoces
affecté au Souvenir Français, une partie des tombes militaires qui se
trouvaient disséminées dans ce cimetière, ensuite de faire dans le
cimetière militaire une répartition plus judicieuse, en même temps que
plus harmonieuse, des tombes qu'il doit renfermer.
Il a d'abord été établi que "le Souvenir Français possède au cimetière
des Péjoces un polygone, qui lui a été concédé par délibération du
conseil municipal, en date du 19 octobre 1892".
"Par suite de nombreuses inhumations, 160 environ, qui ont eu lieu ces
derniers temps, ce polygone est aujourd'hui complètement bouleversé et
il faut le réorganiser d'abord en comblant les vides existants et en y
ramenant les restes des militaires qui ont dû être inhumés dans
d'autres parties du cimetière. Or, il existe dans la partie sud-est de
notre cimetière le même nombre de corps, à une unité près, dont
l'inhumation remonte à 1914; le transfert de ces corps dans le polygone
du Souvenir Français rendrait ainsi disponibles 160 places qui
pourraient être affectées à des concessions perpétuelles".
Le 28 juillet 1923, l'opération de regroupement était terminée; 158
corps avaient été transférés en seize fois, en présence d'un
commissaire de police, et ont coûté 6.400 F.
C'est le mercredi 25 mars 1936 que devait avoir lieu le transfert du
"Soldat inconnu" au polygone des "Enfants de Dijon morts pour la
France".
L'inhumation s'est déroulée à 10 heures en présence d'un commissaire de
police. Le cercueil était porté par quatre anciens combattants et
déposé dans sa nouvelle fosse, en présence des représentants de
plusieurs associations.
Aujourd'hui, le carré militaire de Dijon a bonne allure, grâce
notamment à sa rénovation qui s'est déroulée de mai à octobre 1999.
Elle a été assurée par un chantier école de l'Institut régional de la
formation pour adultes de Chenôve, qui a réparé emblèmes, socles et
bordures, remis en peinture les croix, nettoyé les plaques d'identité,
arraché les vieux rosiers qui ornaient les 56 allées, et enfin replanté
410 rosiers. Cette opération a concerné également les carrés russe,
australien, anglais et italien. Le coût de cette opération s'était
élevé à 633.000 F.
Une étude sur les unités a montré que pour plus de 60%, les soldats
inhumés aux Péjoces appartenaient aux régiments d'infanterie de l'Armée
française; les 40% restants sont à répartir entre les différents
régiments d'armée comme l'artillerie, le génie, les tirailleurs,
l'aviation, la cavalerie, ainsi que les nombreux ouvriers français et
originaires d'Afrique du Nord, d'Indochine, infirmiers, conducteurs de
trains et de véhicules divers (5).
(1) Parmi eux, un Néo-zélandais et un Australien.
(2) Il
s'agit de stèles conformes à un modèle standard qui respectent les
confessions religieuses, permettent l'idfentification du militaire et
comportent la mention "Mort pour la France". En plus des 995
croix latines (selon la loi de séparation des Eglises et de l'Etat,
seuls les monuments funéraires érigés dans un cimetière peuvent porter
des emblèmes religieux); il y a 71 stèles musulmanes de soldats
d'Afrique du Nord, et 25 stèles de soldats d'origine indochinoise. Une
plaque signale le nom du militaire mort pour la France, la date de son
décès et son régiment (lorsque ces renseignements sont connus).
(3) Bulletin municipal officiel 1921 - p. 149, 1923, p. 14
(4) Bulletin municipal du 16 janvier 1923
(5) Dijon temps libre, n° 28 janvier 2000
___________________
A SUIVRE
|