Devoir de Mémoire
2011
A propos du 5 décembre
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
Pour que la Nation rende justement hommage aux victimes militaires et
civiles tombées en Afrique du Nord au service de la France, et que la
commémoration d'un drame encore pesant et souvent même intime soit
sereine, il fallait faire un choix qui invite à l'apaisement.
Cette date du 5 décembre correspond à l'inauguration
par le Président Chirac du Mémorial d'Afrique du Nord élevé à Paris en
2002. Après que les travaux de la commission que présidait l'historien
Jean Favier aient été restitués, elle fut approuvée à une quasi
unanimité par les associations d'anciens combattants. C'est par décret
du 26 septembre 2003 que la République en fixa le principe... Dès lors,
la France sortait de la posture passionnelle et partisane en affirmant
clairement que les combats menés au Maroc et en Tunisie, comme la
guerre en Algérie, constituaient un épisode particulièrement douloureux
de notre Histoire; épisode dont nous avons le devoir d'entretenir, au
nom de ses victimes, le souvenir.
On le sait peu, mais, pendant près de 10 ans en
cette terre d'Afrique du Nord, plus de 2 millions d'hommes ont servi
sous les drapeaux. Si quelques soldats perdus y laissèrent leur âme... plusieurs milliers y sacrifièrent leur vie !
L'Armée, trop souvent diffamée et salie, y mena son combat sans
faillir. Militaires de carrière, appelés, harkis ont combattu avec
courage et loyauté pour défendre les valeurs nationales... Nous devons
leur affirmer notre respect et notre reconnaissance. Cet hommage
solennel s'adresse d'abord sans doute à tous ceux qui, compagnons
d'infortune, ont souffert personnellement ou à travers leurs proches
des violences, des massacres, des disparitions.. aux rapatriés arrachés
à leur terre natale qu'ils chérissaient, aux anciens combattants à
jamais bouleversés, aux harkis demeurés quoiqu'il leur en coutât
indéfectiblement attachés à la France, déracinés, assassinés.
Honneur aux combattants de la guerre d'Algérie, aux combattants du Maroc et de la Tunisie !
Honneur à tous les morts pour la France en Afrique
du Nord ! C'est la seule chose digne qui vaille aujourd'hui.
----------------------------
10
novembre
La Faculté de Médecine se souvient de ses morts
A l'initiative de
Monsieur le Professeur Philippe Camus, Directeur du service de
pneumologie et réanimation respiratoire, un émouvant hommage fut rendu
aux étudiants, médecins, et professeurs, morts pour la France, au
Champ d'Honneur, en 1914/1918.
Cette cérémonie était présidée par Monsieur le Professeur Huet, Doyen de la Faculté de Médecine
Co présidée par Monsieur le Professeur Philippe Camus
accompagnés par Monsieur Jacques Blay, Délégué Général Adjoint du
Souvenir Français pour la Côte d'Or, Président du Comité de Dijon, Egalement honorée de la présence de :
- Madame Anne-Marie Ballot - Directrice et Responsable administratif des Unités de Formation et de Recherche Médecine Pharmacie
- Monsieur Pons, pour la Direction générale du C.H.U.
- Madame Adeline Rivière, chargée de Culture et Patrimoine au C.H.U.
- Madame Céline Cornillat, chargée de Communication au C.H.U.
- plusieurs professeurs, enseignants, et personnels de la Faculté de Médecine
Une stèle bois, inaugurée en juillet 1920, à l'ancienne Ecole de
Médecine (Hôpital général), est désormais installée, à la future entrée
principale de la Faculté de Médecine, honorant la mémoire de ses morts,
durant la Grande Guerre.
Après une brillante allocution de Monsieur le Doyen Huet, retraçant
l'historique de l'ancienne Ecole de Médecine, Monsieur le
ProfesseurPhilippe Camus donna lecture de l'émouvant poëme de Wilfred
Owen, tué à lennemi le 4 novembre 1918 à 6 heures.
- Traduction et adaption de Monsieur le Professeur Philippe Camus -
Ployant en deux sous nos sacs
Cassés en deux comme de vieux mendiants
Toussant et jurant commme des harpies
Nous clopinions dans la boue
Vers un lointain repos
Distant des lueurs obsédantes
Dormant debout
Beaucoup sans même leurs bottes
Boiteux, pieds en sang, estropiés et aveugles
Ivres de fatigue
Sourds jusqu'au hululement feutré
Des 150 qui s'abattaient derrière nous
Gaz! Gaz! Vite, les gars!
Effarés, à tâtons
Nous coiffons à grand peine nos masques
Juste à temps
Mais là quelqu'un hurle, trébuche et s'effondre
Gesticulant comme enlisé dans le feu ou la chaux
Vaguement, au travers des micas embués
Dans l'épaisse lueur du gaz
Comme sous un océan de vert je le vis se noyer
Dans tous mes rêves depuis
Sous mes yeux impuissants
Il plonge et se vide, il s'étouffe, il se noie
Que dans rêves suffocants
Vos pas à vous aussi
Suivent le fourgon où nous l'avons jeté
Que votre regard croise ces yeux blancs révulsés
Cette face atone comme d'un démon repus de péché
Que votre oreille à chaque cahot capte ce gargoullis de sang
Jaillissant de poumons corrompus d'écume
Comme un cancer obscène
Un rebut d'amertume immonde
Corrompant sa langue innocente
Amis, avec ce bel entrain plus jamais ne direz
Aux enfant brûlant d'une gloire désespérée
Ce mensonge de toujours :
Dulce et decorum pro patria mori
Qu'il est doux et glorieux
De mourir pour la patrie
Le Président Jacques Blay fait alors remarquer que
c'est un grand honneur pour lui, et une émotion véritable que de----------------------------
participer à cette cérémonie, après tant d'années passées au service de
la Faculté de Médecine.
Le sacrifice des médecins et des étudiants, dit-il, est d'autant plus
bouleversant que, chacun le devine, ces hommes d'exception avaient fait le
choix de sauver des vies, de soulager les souffrances, et furent
pourtant, comme bien d'autres, victimes de la première grande tragédie
du XXème siècle, broyés par la guerre.
Mais, leur sacrifice n'est pas vain... C'est tout le sens de notre
présence aujourd'hui, célébrer la vie, la fraternité et la paix.
 Monsieur le Professeur Frédéric HUET - Doyen de la Faculté de Médecine
Monsieur le Professeur Philippe CAMUS
Monsieur Jacques BLAY
-----------------------------
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
11 NOVEMBRE : journée de Mémoire, journée d'Espoir
La Première Guerre Mondiale, d'un caractère
"inédit", inaugurait il y a maintenant près d'un siècle l'entrée de
l'humanité dans l'ère de la "guerre totale".
Barbarie sanguinaire par la durée, l'étendue des
opérations, le nombre de victimes mais aussi par l'ampleur des moyens
mis en oeuvre, la brutalité des combats d'une violence inouïe, les
assauts terriblement meurtriers et les pilonnages incessants, c'est au
feu de l'enfer que devait se forger l'expérience combattante. Beaucoup
en furent brisés, anéantis... Que de corps déchiquetés, de consciences
torturées !
Lorsqu'après 4 ans d'un abominable conflit qui
n'épargna aucun bélligérant l'armistice fut signé, un climat de liesse
déferla sur la France. 93 ans plus tard, on peut le humer
encore.... On esquisserait presque un sourire en songeant aux soldats
qui, au front, submergés par l'émotion, les visages rayonnants de
bonheur, savaient qu'ils retrouveraient les leurs, la douceur du foyer
tant chéri, tant rêvé...
Mais tous ne sont pas rentrés... Peut-on les oublier
? Ces noms, ces listes interminables de noms gravés sur les monuments
et les stèles de nos villes et de nos villages en sont le bouleversant
témoignage. Ils n'ont en vérité rien d'anonyme, rien d'impersonnel. Ce
sont les noms des pères, des frères, des fils de France venus d'ici et
d'ailleurs mourir pour le pays. Ils sont notre famille...
La France a connu là, par le martyre de ses enfants,
sa première tragédie du XXème siècle. Elle y a survécut, mais à quel
prix ! En ce jour de mémoire au service du souvenir, retenons la leçon
du courage et du dévouement. Rendons hommage à nos glorieux poilus,
sachons nous rassembler pour faire face aux défis à venir. A l'heure où
nous traversons une crise grave, fêtons la victoire et célébrons la
paix, osons le patriotisme ! Soyons fiers et dignes de la voie que
d'autres ont tracée pour nous au péril de leur vie. Ne prenons pas ce
risque fou d'ignorer plus longtemps le sens de l'effort, de
l'engagement, de l'exemple, de la responsabilité, de la solidarité qui
rend aux yeux du monde la France à la fois belle et singulière...
Cette cérémonie, au-delà même de son aspect
commémoratif, garde tout son sens. Pour que ne sombrent pas dans
l'oubli les sacrifices et les souffrances de toute une génération qui
donna ses 20 ans au pays, il nous appartient de faire de notre jeunesse
l'héritière des valeurs qu'ils ont défendues et dont à son tour elle
sera dépositaire. Dépassons nos interrogations, nos doutes, nos peurs,
c'est aussi un message d'espoir que délivre l'Histoire, "Demain sur les
tombeaux, les blés seront plus beaux..."
-----------------------------
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
Harki, mon frère .....
Il ya quelques jours, le 25 septembre dernier,
nous commémorions pour la 11ème année depuis son instauration, le
sacrifice des valeureux harkis, courageux supplétifs qui combattirent à
nos côtés... Victimes d'une histoire tragique étroitement liée à la
guerre d'Algérie, ils furent broyés par un drame qui, souvent, les
dépassait...
Patriotes convaincus, ardents défenseurs de
la France ou enfants perdus ignorant les enjeux essentiels..., ils
furent les martyrs d'une haine féroce... Au-delà de toute polémique
indigne, il est de notre devoir de reconnaître toutes les
responsabilités dans l'abandon et le massacre organisé de ces
malheureux qui eurent pour seule "faiblesse" celle de nous être fidèles
!
Ne nous trompons pas, après que les
engagements entérinés à Evian furent trahis, les harkis, leurs
familles, désarmés, apeurés, odieusement assassinés, furent bien les
vicimes d'un "crime contre l'Humanité".
Parce qu'ils ont payé de leur sang
l'attachement à la France que nombre d'entre eux imaginaient idélale,
nous leur devons plus encore que la reconnaissance des sacrifices
consentis. Au nom de tous ceux qui sont tombés là-bas, exigeons la
reconnaissance de leurs souffrances, faisons un rêve, celui de la
fraternité et... de l'honneur retrouvé !
----------------------------
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
11
septembre
DIJON LIBERE
11 septembre 1944
Le 11 septembre 1944, même si la guerre était loin d'être terminée, la
bataille était gagnée. Les plus anciens de nos concitoyens, témoins
heureux des évènements s'en souviennent avec exactitude, encore émus et
bouleversés de cette Histoire vécue Souvenir d'une libération qui
délivrait enfin notre belle ville de l'occupant... Ce fut une
victoire splendide, celle de la 1ère Armée Française avec à sa tête un
chef illustre, le Général Jean de Lattre de Tassigny, ce fut aussi
celle de la résistance des courageux FFI qui participèrent à
l'investissement de la ville. Beau symbole que cette armée d'Afrique
qui joignant sa force vive à celle des maquisards côte d'oriens devait
libérer ici à Dijon une parcelle de la terre sacrée de France...
Pourtant, le poids écrasant des souffrances subies
pendant quatre années noires demeurait. Dijon, tout le département de
la Côte d'Or, furent cruellement meurtri par l'oppression nazi. Le
bilan était lourd, gardons le en mémoire; des centaines de déportés, de
fusillés, de victimes des combats, sans oubier les privations de tout
ordre et les humiliations quotidiennes ....
Si l'on devait adresser en ce jour de célébration ne fut-ce qu"un
message aux jeunes générations de dijonnais, ce serait sans doute celui
de la reconnaissance et de la vigilance. Reconnaissance envers ceux
qui, sacrifiant leur vie, oubliant leur jeunesse, leur ont permis de
vivre libre, mais vigilance aussi parce que la paix n'est pas un état
intangible et que bien des périls menacent et pèsent sur le futur.
Formons le souhait qu'à leur tour, suivant l'exemple de leurs glorieux
anciens, ils sachent en patriotes résolus s'engager avec courage et
détermination, pour la défense de nos valeurs, pour notre liberté.
----------------------------
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
16-17 juillet 1942
L'IMPOSSIBLE OUBLI
En ce bel été de 1942, la France de Vichy, vautrée dans la fange collaborationniste,
va commettre l'impardonnable en franchissant avec zèle un palier
criminel se compromettant encore davantage dans la voie qu'elle avait
choisie de suivre deux ans plus tôt. Depuis la poignée de main de
Montoire et la mise en oeuvre des odieuses lois antijuives, la France
du Maréchal arborait fièrement son blason antisémite. Servi par
d'ignobles persécuteurs, aventuriers médiocres, politiciens
opportunistes et fonctionnaires serviles, l'Etat Français et le
commissariat aux questions juives spécialement créé pour assumer la
sinistre besogne se décident- cédant jusqu'à la devancer aux
injonctions de l'autorité d'occupation - à organiser la déportation des
juifs de Paris. Au premier rang d'entre eux, figurent des étrangers
convaincus d'être protégés de la barbarie national-socialiste dans la
patrie de Voltaire et de Victor Hugo... L'opération Vent printanier -
quelle ironie cynique ! - sera rondement menée.Hauts fonctionnaires et
policiers à la solde du régime aux ordres des nazis raflent en deux
jours près de 14 000 personnes dont plus de 4 000 enfants. Oubliant les
regards implorant la clémence, négligeant la souffrance pourtant toute
humaine, ignorant les pleurs et les cris des mères devenues folles et
des enfants terrorisés, devant l'impuissance des pères, ils exécuteront
les ordres. Parqués tels des bêtes au Vélodrome d'hiver dans d'atroces
conditions, les malheureux rejoindront Drancy, Beaune-la-Rolande,
Pithiviers et autres camps de transit, aux portes de l'enfer
exterminateur. Bien peu, trop peu, revinrent de ce voyage de la nuit et
le brouillard.
Ne revient-on jamais de l'horreur absolue ?
Il faudra
attendre 1995 pour que courageusement le Président Jacques Chirac
reconnaisse et dénonce avec force et discernement cet odieux crime
contre l'humanité dont Vichy et ses sbires portent seuls l'entière
responsabilité. Cependant, aucune repentance n'est à lire dans ce
geste-là... Comment la République pourrait-elle s'excuser de ce
qu'elle n'a pas commis ? Vichy, la France haineuse, viscéralement
antisémite, n'est évidemment pas la nôtre. L'honneur de la France
subsistait à Londres se déclinant sous toutes les formes de Résistance
à la barbarie. Au-delà de tous les clivages, en métropole et dans
l'empire, la République combattante survécut dans les conditions que
l'on sait, rendant dignité et fierté à la nation opprimée. Sans oublier
jamais l'infamie du massacre des innocents auquel ont participé
certains français, retenons plutôt le courage, l'abnégation, la force
d'âme de ceux qui, héritiers des soldats de l'An II, combattirent le
monstre jusqu'à le terrasser... Célébrons
ces quelques héros connus et toute la foule d'anonymes, passeurs,
gendarmes et policiers "insoumis", résistants isolés, institutrices ou
cheminots de la Résistance intérieure, comme les valeureux Français
libres, compagnons de la première heure, toute l'armée des ombres
heureusement rassemblée, tous ceux qui, Gardiens de la vie ou Justes
parmi les nations se levèrent pour que la France restât belle,
universelle et fraternelle. Ils sont la France éternelle, "son prestige
et sa grandeur".
------------------------------
14
juillet -
Article de
Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Vice-Président du Comité du Souvenir Français de Dijon
La France est en deuil. Même sous un soleil radieux, le ciel restera gris aujourd'hui sur Paris.
Alors que les derniers préparatifs s'organisaient pour
garantir un défilé réussi, point d'orgue de notre Fête Nationale, nous
apprenions qu'un attentat aussi féroce que lâche coûtait la vie à 7 de
nos soldats en Afghanistan... Un rappel brutal, tragique, qui
démontre combien la tâche de nos militaires est rude, difficile et à
bien des égards, exemplaire. Ceux-la même qui ont fait le choix des
armes, exécutent quand la République ordonne quels que soient les
périls encourus. La mission doit être accomplie...fût-ce au prix du
sang. Une abnégation, un dévouement absolu qui jusqu'au sacrifice
suprême illustre la singularité de ce qui est bien autre chose qu'un
métier... C'est donc forcément avec beaucoup d'émotion que nos pensées
accompagnent le défilé de nos troupes au rythme des chants glorieux et
des pas cadencés...
Dès l'origine (le 1er
défilé marquant la Fête Nationale datant de 1880), le 14 juillet
célébrait le triomphe de la République. Depuis lors, notre "cher vieux
pays" a traversé bien des époques, surmonté bien des épreuves. De
longues pages d'Histoire se sont ainsi écrites.
Mais la Nation française a
toujours su se rassembler pour faire face, assumer et façonner son
destin. Gageons que la France garde intacte cette force qui oblige au
sursaut. Parce que derrière chacun de nos soldats mortellement touchés,
c'est une part de France qu'on assassine, que chacun prenne conscience
que l'engagement de nos forces pour défendre notre sécurité, nos
intérêts et garantir la paix mérite plus qu'un hommage... Puisse le
sens du devoir des hommes et des femmes gardiens de nos valeurs
justement inspirer tous les Français.
------------------------------------------
Lundi 27 juin - 15h00 - Salle Jean Gabin, espace Brassens à Talant (entrée libre)
Mademoiselle Joëlle CORNU, Présidente
du Comité de Côte d'Or de la Fondation Maréchal de Lattre, et les
membres du Comité, en partenariat avec l'UNC/Talant et avec le soutien
de la ville de Talant, ont l'honneur de vous inviter à la conférence
que prononcera Monsieur Paul ALFONSI, Ancien Inspecteur de l'Education
Nationale
"La guerre d'Algérie vue par les manuels scolaires"
--------------------------------------------
18
juin
-
Article de Monsieur le Professeur Jean-Charles OUAZANA
Conseiller municipal - Vice-Président
du Comité du Souvenir Français de Dijon
"Commémoration "Appel du 18 juin 1940"
Après quelques semaines de combats acharnés qui coûtèrent la vie à près
de 100.000 soldats, la France s'agenouillait trahie par l'incompétence
d'un Etat-major dépassé et l'inconstance de politiques dont l'incurie
confondante se révéla désastreuse ... La débâcle, l'exode.... autant
d'épisodes tragiques qui expliquent qu'un peuple traumatisé par les
circonstances d'une si "étrange défaite" se livra à l'ennemi en se
jetant dans les bras d'un vieux chef mythique, Maréchal de France, que
la renommée acquise dans l'enfer de Verdun avait depuis longtemps
précédé dans les familles ...
Et pourtant, il y a maintenant plus de
70 ans, s'élevait un murmure dans la nuit d'une France vaincue. Un cri
en vérité qu'un homme seul lançait d'une voix forte et sûre. "Seul et
démuni de tout, comme [.....] au bord d'un océan qu'il prétendrait
franchir à la nage", Charles de Gaulle à cet instant précis du 18 juin
1940, général "naufragé de la désolation" incarna d'emblée une
"certaine idée de la France", de son honneur, de sa grandeur. La France
que nous aimons tant, par delà nos différences, celle que les poètes
surent exalter dans La Rose et le Réséda ou Les feuillets d'Hypnos, et
qui combattit de toute son âme la barbarie nationale-socialiste et ses
odieux complices. Une France, qui grâce au grand homme et toutes celles
et ceux qui partagent les mêmes valeurs le suivirent ensuite, sauva
notre honneur en se faisant résistante.
Dans notre pays qui aujourd'hui se
cherche, balbutie et parfois trébuche, la Résistance "plurielle,
diverse, multiforme" enracinée par l'appel fondateur est toujours le
témoignage éclatant de la concorde réalisée quand le pays vacille. Loin
de toute nostalgie déplacée ou d'une repentance excessive et
inappropriée, ignorant les privations, la peur, le froid, la faim, les
souffrances, les exécutions, les disparitions, les tortures de tous
ceux que la guerre a meurtris et souvent même détruits, n'avons-nous
pas le devoir d'être dignes de la paix que d'autres ont construit
pour nous avec acharnement au péril de leur vie au nom d'un idéal ?
Celui d'un monde libre et certainement plus juste.
En ce jour de commémoration de l'
"Appel du 18 juin", sachons nous souvenir de leur sacrifice, c'est la
plus belle façon de leur rendre hommage.
|
|